On va faire au plus simple: l'explication par l'exemple !
Je surfe beaucoup, donc j'aime bien retrouver les sites que je préfère et je les mets en favoris. Mais ça m'agace de retaper toute l'adresse quand je veux recommander un site que j'aime à un ami. Alors je crée un site dans lequel je note les pages web que j'aime, je les trie par thèmes et j'ajoute mes commentaires. Ensuite j'invite mes amis à venir sur ce site pour qu'ils découvrent mes favoris. Mes amis s'inscrivent et enregistrent leurs sites préférés. Et ils invitent leurs amis...
Au fil du temps, les meilleurs sites sont notés en terme de popularité parmi les utilisateurs, et une micro-application est créée pour intégrer la fonction d'ajout rapide directement dans la barre d'outils du navigateur Internet. Les sites de qualité bénéficient de ce système. C'est génial. C'est del.icio.us.
Je suis un fan de pub. J'arrive à dégoter les pubs les plus récentes au fin fond d'Internet, mais je n'ai pas envie de participer à l'encombrement des boites mails en les envoyant à ma mailing-list. Alors je crée un site sur lequel il suffit de s'inscrire et d'enregistrer le lien pour mettre la pub que j'ai trouvée à disposition de tous. De fil en aiguille, les utilisateurs affluent, le site est toujours à jour car chacun veut y apporter la pub la plus intéressante ou la plus récente, et les meilleures pubs sont notées selon le nombre d'utilisateurs qui ont cliqué sur le lien pour aller les voir. C'est simplissime. C'est The Ad Review.
J'aime frimer avec mes photos. Je crée un site où je peux les mettre en ligne. Les autres utilisateurs peuvent venir les commenter. Je peux les charger directement depuis mon téléphone portable, ou les mettre facilement sur mon blog. J'échange des commentaires sur les photos des autres utilisateurs. C'est magique. C'est Flickr.
Je n'aime pas la page d'accueil de mon fournisseur Internet. En fait, je veux une page d'accueil qui soit à moi, rien qu'à moi. Je développe un site où j'ai des catégories sous formes de boites, que je peux déplacer sur toute la page au gré de mes envies. Comme je m'aime bien, je nomme cette page "Bonjour, moi, génie du monde". J'ai tous les jours la météo de ma ville, mes notes, mes cours de bourse, les infos sur les sujets qui m'intéressent, et si ça ne me plait plus, je redéplace tout et je rechange tout. C'est personnalisé. C'est Netvibes.
J'aime bien savoir ce qui se passe dans le monde. Je suis abonné aux flux RSS de tous les sites d'infos, mais ça ne me suffit pas. J'aime savoir ce que pensent les autres. Alors je crée un site où chacun peut apporter des infos, et on peut voir combien de personnes sont allées voir chaque info. Comme les ifos les plus pertinentes deviennent les plus populaires et apparaissent toujours au top, je suis le roi du scoop à la pause café. Je suis super à la page. C'est digg.
Faut-il vous faire un dessin ?
Donc en fait, le web 2.0 qui fait beaucoup couler d'encre virtuelle dans la blogosphère, c'est la prise de pouvoir par l'utilisateur. Une nouvelle génération de sites dans lesquels les utilisateurs apportent le contenu, et interagissent pour l'améliorer. Les prémices de ce système reviennent à Wikipedia, l'encyclopédie en ligne créée, critiquée, modifiée et mise à jour par ses lecteurs. Résultat, les articles sont plus nombreux et plus complets que ceux de l'Encyclopedia Britannica, poutrtant LA référence en la matière. Il y a moins d'erreurs égalemehnt que dans une encyclopédie classique. Et c'est gratuit.
Moralité ? Le monde est plein de professeurs Je-sais-tout qui n'attendent que l'occasion de partager leurs connaissances pour l'éducation du plus grand nombre.
Cerise sur le gateau, les sites 2.0 sont d'une simplicité d'utilisation désarmante....
Et les blogs dans tout ça ?
Et bien les blogs accompagnent beaucoup le web 2.0. Etre bloggeur, c'est avoir quelque chose à dire. Mais surtout, c'est beaucoup aller voir ce que les autres ont à dire: on n'est jamais bloggeur dans son coin. Donc les bloggeurs aiment faire partager leurs blogs favoris (il s'inscrivent sur del.icio.us), leurs photos préférées (ils s'inscrivent sur flickr), leurs vidéos du moment (ils vont sur youtube).
Aujourd'hui, sur les blogs, on voit fleurir les liens "my del.icio.us" (découvrez mes sites préférés) et "ajoutez à my del.icio.us" (déclarez-moi au monde comme un de vos sites favoris), les diaporamas flickr ...
On rentre vraiment dans le multimedia dans toute sa plénitude: l'utilisateur peut agir sur le contenir d'un site et s'affirmer par le biais de l'écrit, de la photo, de la video, mais aussi par ses sélections de site et ses choix...
Y-a-il des limites à cette évolution?
Dans la mesure où tout individu aime s'exprimer et parler de ce qu'il aime, je dirais que non.
Ce qui est extrêmement intéressant, c'est que le web 2.0 démontre que l'action individuelle peut profiter au plus grand nombre. Chaque internaute qui apporte une information, une video ou une nouvelle publicité contribue à l'enrichissement dde ce qui est mis à disposition pour tous, mais l'utilisation qui est faite de chaque élément contribue à la qualité de l'ensemble: les internautes regardent en priorité les meilleurs pubs, les plus belles photos, les infos les plus intéressantes, et à égalité de moyens, c'est la qualité qui fait la différence...
Aujourd'hui, l'internaute ne veut voir que ce qui l'intéresse sur son écran, il n'a pas de temps pour le reste. Le web 2.0 est un effort collectif pour fournir à tous le contenu de qualité dont chacun a besoin, et que chacun est libre d'adapter selon ses goûts. Comme c'est en libre accès et gratuit, c'est littéralement à la portée de tous. C'est peut-être ça la vraie révolution.
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